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Le village de la Croix Rousse

(English) Sure you know everything about Lyon?

Si la Croix-Rousse fut une ancienne commune du département du Rhône, elle est aujourd’hui un quartier à part entière, un village même de la ville de Lyon, à la fois singulier et multiple, profondément marqué par son passé ouvrier de l’industrie de la soie.

Situé sur une colline à 254 mètres de hauteur dans la continuité de la Presqu’ile, entre Saône et Rhône, celui-ci se distingue en deux éléments : les pentes (une partie du 1er arrondissement), et le plateau (4e arrondissement).

Son nom vient d’une croix en pierre de Couzon, de teinte ocre rance, érigée au carrefour entre 2 voies, celle menant à la Dombes, l’autre vers Neuville. Cette croix fut détruite à plusieurs reprises, notamment par les protestants, pour finalement laisser place à une réplique en 1994.

Histoire

 De Condate à la montagne Saint-Sébastien

On ne peut parler de Lyon sans parler de ses origines romaines. Si à cette époque, Lugdunum est déjà une ville prospère, le bas de la colline aurait été occupé par un bourg celtique, nommé Condate (ou quartier du confluent), bien que les traces d’habitation les plus anciennes soient romaines et datées des environs de 10 av. J.-C.

L’ensemble monumental de la Croix-Rousse est le sanctuaire fédéral des Trois Gaules, composé de :

  • l’autel des Gaules (12 av. J-C) dédié à Rome et Auguste
  • l’amphithéâtre des Trois Gaules (12 ap. J-C), qui recevra les délégués des 60 nations gauloises, chaque année au mois d’août. Ce lieu fit tristement célèbre sous Marc Aurèle en devenant le lieu de supplice des nouveaux chrétiens, dont Sainte Blandine qui y périt égorgée après avoir été épargnée par les lionsAu XVIème siècle (1512), sous Louis XII, d’importantes fortifications sont érigées au sommet de la colline pour défendre la ville. Ce rempart, appelé Saint Sébastien, isole alors le faubourg. Sur les pentes, jusqu’ici à vocation agricole, l’urbanisation s’étend et on voit apparaître les premières congrégations religieuses (les Chartreux en 1580, puis les Carmélites et les sœurs de l’Annonciade).

Les édifices gallo-romains furent ensuite abandonnés après la période des Grandes Invasions Alamanes. Et encore au  Moyen-Âge, la ville de Lyon s’arrête vers les Terreaux.

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De la colline qui prie…à la colline qui travaille

 À la Révolution, les biens appartenant aux communautés religieuses sont vendus, libérant ainsi un grand nombre de terrains. Les canuts, ouvriers de la Soie gagnent alors ces coteaux moins onéreux (étymologiquement, ce nom leur vient de leur outil de travail, la canette, utilisée sur les métiers à tisser).

Il faudra attendre un arrêté du gouvernement consulaire en date du 22 octobre 1802 pour que la commune de la Croix-Rousse soit créée.

Au début du XIXe siècle, Lyon devient la première ville ouvrière de France avec l’arrivée massive d’ouvriers de la soie (les Canuts), lesquels vont alors profondément transformer la Croix-Rousse, marquant son histoire et son urbanisme.

Le rattachement à Lyon

 Elevée au rang de ville en 1818, la Croix-Rousse avec ses 30 000 habitants est rattachée à Lyon en 1852 par un décret impérial. En 1862, le premier funiculaire du monde est mis en service entre le centre de Lyon et Croix-Rousse. Les lyonnais lui donneront rapidement le surnom de « ficelle » .Peu de temps après, les remparts seront détruits.

La Croix-Rousse, deux quartiers distincts

Pentes de la Croix-Rousse

Les pentes de la Croix-Rousse (1er arrondissement) s’étagent depuis la place des Terreaux jusqu’au sommet de la colline.

Ce quartier, par ses rues étroites, ses dénivelés, ses escaliers, et son manque de place de stationnement est plus adapté aux piétons qu’à la circulation automobile. Au départ de la montée des Carmélites (ancienne voie romaine), le Jardin des Plantes offre une vue sur la presqu’île et la colline de Fourvière. C’est ici que se trouve l’amphithéâtre antique, autrefois élément constitutif du Sanctuaire fédéral des Trois Gaules.

On y trouve également de nombreuses traboules, différentes de celles du Vieux Lyon. Ces passages entre immeubles, parfois couverts et constitués de volées d’escaliers, permettent de circuler sur les pentes de manière parfois plus directe.

Aujourd’hui, c’est un village rempli d’une culture alternative, plébiscité par une nouvelle population bobo ( bourgeois- bohème), artiste mais qui perdrait de son caractère populaire pour les plus nostalgiques ! Toutefois, le quartier estampillé laboratoire social reste un lieu particulièrement vivant, donnant encore naissance à des initiatives intéressantes (ex : commerce équitable sur les pentes, crieur public sur le plateau…)

 Le plateau de la Croix-Rousse

Par ses marchés (quotidien place de la Croix Rousse), son jeu de boules (ex.celui du quartier Jouve), ses bistrots, le Plateau a tout d’un village et se distingue du reste de la ville de Lyon par son ambiance particulière, cette forme d’insularité cultivée par se habitants vis-à-vis du reste de la ville.

Le Gros Caillou

Ce gros rocher, vraisemblablement transporté depuis les Alpes par les glaciers au quaternaire et découvert en 1892 lors du percement de la ficelle est un des symboles du quartier. Exhibé au bout du Boulevard de la Croix Rousse, le « Gros Caillou » continue de dominer le Rhône et toute la plaine jusqu’aux Alpes dont il provient. Il est devenu à la fois le symbole de la force et de la persévérance des Lyonnais face aux obstacles, mais aussi le symbole du rattachement de la Croix-Rousse à Lyon.

Il pourrait aussi représenter selon la légende le cœur d’un huissier cupide qui aurait mis à la rue une famille de canuts sans le sou, mais que Dieu condamna pour cet acte indigne.

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A visiter et voir à la Croix Rousse

L’Amphithéâtre des Trois Gaules – rue Lucien Sportisse, Lyon 1er

La Maison des Canuts – 10 rue d’Ivry , Lyon 4ème

L’hôtel Villemanzy et son jardin – 21 Montée Saint Sébastien, Lyon 1er

Les traboules : la cour des voraces, le passage Thiaffait…(voir article sur les Traboules)

La montée de la Grand’Côte, et son magnifique panorama

La maison Brunet ou « la maison aux 365 fenêtres » – 12 rue Rivet, Lyon 1er

Le Clos Jouve, haut lieu de la boule lyonnaise – 1, Place de la Comédie, Lyon 1er

Le jardin Rosa Mir – 87 grande rue de la Croix Rousse, Lyon 4ème

Sans oublier les nombreuses églises : Saint Polycarpe, Saint Bruno des Chartreux, Saint Augustin, Saint Denis…

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Cour des Voraces

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